Archives de novembre, 2010

On a tous nos préjugés. Moi, c’est le rock francophone. Allez savoir pourquoi, je trouve que le français sonne mal quand il est chanté. Et tout préjugé semble fait pour être cassé. Audrey Jungle en est un exemple. Ce groupe de « rock acidulé », comme ils se définissent, qui s’est formé en 2007 à Mendoza, est partagé entre la France et l’Argentine. Résultat, un peu d’espagnol dans les paroles, le reste en français. Et force est de constater que l’ensemble est bon. Entre mélodies travaillées juste ce qu’il faut, paroles incisives (« Poète ou Marchand d’Armes »), riffs de guitare explosifs, on comprend rapidement le concept de rock acidulé.
Il y a du Olivia Ruiz dans ce groupe, qui trouve d’autres influences parmi Nirvana ou encore Calle 13. Olivia Ruiz, parce que la musique d’Audrey Jungle dégage une sacrée énergie, et parce que la voix de la chanteuse a la même sensualité et la même énergie. Audrey Jungle a pour l’heure enregistré deux EP. Nueva Jungla (2008), très pop-rock, et Versus (2010), bien plus pêchu. En attendant un album prévu pour 2011.

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La playlist de la semaine (11)

Publié: 29 novembre 2010 dans playlist

Pour se réchauffer les oreilles pendant cette période de froid.

« We Are The Foolish », General Fiasco (Buildings) :

« This War Is Ours », Escape The Fate (This War Is Ours)
« Deckchairs And Cigarettes », The Thrills (So Much For The City)
« Beverly Hills », Weezer (Make Believe)
« Supernatural Superserious », REM (Accelerate)
« Just For Tonight », One Night Only (Started A Fire)
« Under The Gun », The Killers (Sawdust)
« London Calling », The Clash (London Calling)
« Crystal Ball », Keane (Under The Iron Sea)
– « Swallow », Sleeper (Smart)

La folk, un genre musical dépassé ? On imagine très bien les musiciens dans un saloon délabré, avec leurs vieux instruments, et surtout en photo sépia dans un musée. Halte aux clichés : on peut jouer de la bonne musique sans avoir de synthés. La preuve ? Mumford & Sons. Oui, c’est folk, mais non, ce n’est pas old school. Ici, pas de riffs suvitaminés à la guitare, mais une mandoline et une contrebasse. Comme souvent dans la folk, les quatre membres de ce groupe londonien jouent de plusieurs instruments (guitare, banjo, accordéon, contrebasse, batterie ou claviers selon les goûts), et tous prennent part au chant.
Mumford & Sons a enregistré un album (Sigh No More) en 2009.  L’album joue sur une mélancolie présente sur la plupart des titres (« Sigh No More », « Winter Winds »« I Gave You All ») et un rythme entraînant parfois (« Little Lion Man »). Le tout avec de bons textes, histoire de ne pas gâcher le plaisir quand on jette un œil aux paroles. Loin des groupes écoutés et réécoutés, Mumford & Sons trace sa route, un peu à contre-courant de ce qui marche en ce moment. Mais leur route est bien assez large, aucune inquiétude là-dessus.

Après près de quatre ans de silence, les Américains de My Chemical Romance reviennent avec un nouvel opus, avec une volonté de changement. Outre les changements de batteur et de coupes de cheveux, le quatuor a aussi changé de ton par rapport à The Black Parade (2006). Finie la vie en noir, désormais le groupe s’affiche de manière bien plus positive, en expliquant vouloir « changer de direction ». Un pari plutôt réussi.
Danger Days : The True Lives Of The Fabulous Killjoys, sorti le 22 novembre, est un album haut en couleur, qui conserve le dynamisme du groupe. Si on ne ressent plus les relents post-punk des anciens albums, My Chemical Romance reste dans l’esprit rock alternatif, avec un rythme rapide et un chanteur toujours aussi énergique. De quoi rassurer les fans. Emmené par le tube « Na Na Na » (la musique est meilleure que le titre), ou les efficaces « SING »« Party Poison » ou encore « DESTROYA ».

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

JJ72, vite effacé des charts

Publié: 23 novembre 2010 dans découverte, rock
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Quand on parle de l’Irlande, on pense tout de suite à la musique celtique. Ensuite viennent U2 et The Cranberries. JJ72 n’est en général pas cité, et c’est bien dommage. Pendant 10 ans, le trio de Dublin a joué un rock entraînant et sombre, avant de se séparer faute d’un accord avec son label pendant la préparation d’un troisième album. JJ72 était composé d’un chanteur-guitariste, d’une bassiste et d’un batteur. Et à l’écoute, on croirait franchement que c’est la bassiste qui tient le micro. D’accord, pour une femme, la voix serait un peu cassée. Mais quand on sait que c’est un homme, on ne voit plus JJ72 comme avant. Avec sa voix plutôt aigüe, Mark Greaney nous entraîne dans un monde relativement sombre, en témoigne la quasi-absence de couleurs sur presque tous les clips. La guitare et la basse sont entraînantes, presque grandiloquentes parfois (« Formulae »).
Le trio a enregistré deux albums. Le premier (JJ72, 2000), a été un franc succès (500 000 exemplaires vendus sur les îles britanniques), porté par les très  bons « Oxygen », « October Swimmer », « Snow », ou « Undercover Angel ». Mais le second opus (I To Sky, 2002) a fortement déçu, entraînant le déclin du groupe. Si JJ72 était inspiré et dynamique, on a effectivement l’impression que le syndrome du deuxième album est passé pendant la préparation d’I To Sky, malgré quelques titres efficaces (« Formulae », « Always And Forever »). L’ensemble donne une impression de déjà-vu dans le premier album, et de précipitation dans les compos.  Encore un groupe qui est rapidement retourné dans l’anonymat.

La playlist de la semaine (10)

Publié: 22 novembre 2010 dans playlist

Déjà la dixième playlist. Avec ceux d’aujourd’hui, cela fait cent titres dans vos oreilles depuis le premier lundi. On ne relâche pas l’effort, avec au menu de cette semaine The Subways, The Hoosiers, Pink Floyd, ou encore les Red Hot.

« Rock & Roll Queen », The Subways (Young For Eternity) :

 

– « How It Ends », Devotchka (How It Ends)
– « Out Of Control », Hoobastank (The Reason)
– « Karma Police », Radiohead (OK Computer)
– « Especially In Michigan », Red Hot Chili Peppers (Stadium Arcadium)
– « Stop Or Go », The Pigeon Detectives (Wait For Me)
– « Bigcitydreams », Never Shout Never (The Yippie EP)
– « Talk To Me Dance With Me », Hot Hot Heat (Make Up The Breakdown)
– « Wish You Were Here », Pink Floyd (Wish You Were Here)
–  « The Trick To Life », The Hoosiers (The Trick To Life)

Ci-gît le rock contestataire (1977-1996). Tout a réellement débuté avec Nevermind The Bollocks des Sex Pistols, et s’est terminé avec la séparation des Ramones. Avant, de la musique pour groupies (The Beatles,  The Kinks) ou drogués (Pink Floyd, Led Zeppelin). Après, de quoi déconner avec ses potes (The Offspring, Garbage, Oasis ou Blur).
19 années pendant lesquelles la jeunesse a voulu remettre en cause la société, à coups de Clash, Bad Religion ou Nirvana. Avant de se faire effacer des charts par la Britpop. De toute façon, le mouvement n’aurait pas pu durer beaucoup plus longtemps. On dit que passé 20 ans on doit devenir adulte, plus sérieux, plus calme. Alors le rock contestataire se serait probablement suicidé plutôt que de devenir quelque chose qu’il ne souhaitait pas.
D’« Anarchy in the UK » (Sex Pistols) à l’album Adios Amigos! (Ramones), en passant par Rancid, Bad Religion ou Buzzcocks, le rock avait un message en plus de « bourre-toi la gueule tu verras c’est marrant ». Le tournant a sûrement été NOFX, et surtout leur album Punk In Drublic (1994), qui mettait la déconnade au premier plan pour la première fois.
« Smells Like Teen Spirit », comme l’aurait chanté Kurt Cobain. Sauf que l’esprit de la jeunesse a changé. Ce n’est pas que ce qui est joué maintenant est mauvais, simplement que ça ne conteste plus rien.

* billet écrit dans le cadre d’un travail sur un magazine parlant des 15-30 ans, et reproduit tel quel.