Archives de mars, 2011

Accords impeccables, voix posées, arrangements parfaits, guitares enflammées… autant de choses à oublier complètement s’il vous vient à l’idée d’écouter Times New Viking. Le trio américain est plutôt à classer dans le genre rock crasseux, option lo-fi (« No Time, No Hope »). Pas facile de percer quand on joue une musique pas vraiment radiophonique (loin de moi l’idée de critiquer les radios ici, cela paraît réellement inimaginable d’entendre un jour Times New Viking, quelle que soit la station). Le groupe persévère pourtant, avec déjà quatre albums au compteur, tous plus crades les uns que les autres, et dans lesquels il n’y a pas de basse mais un synthé.
Tour à tour entêtante (« Indian Winter », « Teen Drama »), entraînante (« We Got Rocket », « Drop-Out ») ou psychédélique (« Lovers’ Lane »), la musique de Times New Viking rappelle certains délires des Pixies et nous offre d’une manière plus générale un retour dans cette période entre la fin des années 1980 et les années 1990, où jouer un son crasseux pouvait aussi être la marque des plus grands (Pavement). Ces trois Américains nous rappellent que la musique peut aussi être le plaisir tout simple de gratter quelques cordes ou de taper sur des peaux avec des baguettes, sans systématiquement rechercher l’esthétique parfaite (ou l’esthétique tout court en l’occurrence).
Le cinquième album du groupe, Dancer Equired, est prévu pour la fin du mois d’avril prochain.

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Ne vous fiez pas à la dernière minute de « Reason To Believe », le premier titre de l’album : Deryck Whibley chante avec un piano pour seul accompagnement. C’est l’un des rares moments de calme dans Screaming Bloody Murder, le sixième album des Canadiens (album sorti le 28 mars, dont le titre ne présageait pas un recueil de ballades, effectivement). Sum 41 poursuit sur sa lancée et cet album est dans la lignée de Does This Look Infected? et Chuck : rapide, nerveux, efficace. Mis à part « Crash », dont le rythme lent rappelle les titres les plus calmes de Underclass Hero, l’album enchaîne les riffs survitaminés.
Sum 41 semble toujours en colère (« Holy Image Of Lies »« Screaming Bloody Murder ») et plusieurs titres semblent sortis de Chuck, comme « Jessica Kill » ou « Blood In My Eyes ». Avec le rock dansant et légèrement lo-fi de « Baby You Don’t Wanna Know » ou l’hymne à la nervosité « Back Where I Belong », Sum 41 conserve la même énergie qu’avant, en enterrant définitivement le côté adolescent du groupe à ses débuts (« Fat Lip »). Un album pas révolutionnaire, mais percutant et efficace. Sum 41 rappelle à ceux qui les enterrent trop vite qu’ils sont toujours là, et bien en forme.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5).

La playlist de la semaine (27)

Publié: 28 mars 2011 dans playlist

Cette semaine, la playlist se veut positive. 10 titres pour profiter du printemps (et du beau temps pour ceux qui habitent au bon endroit) et pour oublier les mauvaises nouvelles qui nous tombent dessus à longueur de journées. Une horchata dans la main droit, comme Vampire Weekend, prenons-nous à rêver avec Supertramp. The Black Keys et les autres feront le reste pour nous donner le sourire.

« Choco Pudding », Box Codax (Hellabuster) :

 

– « Dreamer », Supertramp (Crime Of The Century)
– « Suddenly I See », KT Tunstall (Eye To The Telescope)
– « I’ll Be Your Man », The Black Keys (The Big Come Up)
– « Cherry Lips », Archie Bronson Outfit (Derdang Derdang)
– « Horchata », Vampire Weekend (Contra)
– « Click Click Click Click », Bishop Allen (The Broken String)
– « Turn The Bells », White Lies (Ritual)
– « Mr Moon », Eisley (The Valley)
– « Got Me », She & Him (Volume One)

Une playlist à retrouver en compagnie des autres sur Deezer et Youtube.

Parmi les (nombreux) groupes dont on n’entend plus parler depuis qu’ils ont crevé l’écran avec un seul titre, Jet est une figure incontournable. Depuis « Are You Gonna Be My Girl », le titre qui les a révélé en 2003 à l’occasion de la sortie de leur premier album (Get Born), le groupe australien se trouve dans le creux de la vague médiatique.
Pourtant, tout avait bien débuté. Un premier single qui fait un carton et qui se retrouve diffusé de partout (radios, mais aussi jeux vidéo), un deuxième, « Rollover D.J. », qui suit la même trajectoire (en un peu plus modeste), un album vendu au total à 3,5 millions d’exemplaires, puis… plus rien. Enfin, rien de diffusé à l’échelle planétaire. En 2006, Jet enregistre un successeur à Get BornShine On est né, mais brille nettement moins que son prédécesseur. Derrière des titres pourtant accrocheurs comme « Put Your Money Where Your Mouth Is »« Holiday » ou « Bring It On Back », l’album n’obtient pas le même succès que l’opus précédent.
En 2009, les quatre Australiens retentent leur chance avec Shaka Rock, un troisième album dans la lignée des deux précédents. Des riffs dynamiques, un chanteur qui crache parfois ses tripes dans son micro, peu de choses ont changé depuis Get Born : le seul changement significatif est l’arrivée du synthétiseur dans certaines chansons (« Seventeen »« Goodbye Hollywood »). Encore une fois, les retombées sont loin de celles du premier album.
Si l’on comprend parfois que des groupes aient un succès plus intimiste au fil des albums, il est difficile de trouver une explication concernant Jet, hormis l’effet de mode. En 2003, « Are You Gonna Be My Girl » devait être exactement ce que les radios cherchaient à diffuser et ce que les gens voulaient entendre. C’est la seule explication plausible, puisque Jet n’a pas changé, au niveau de la composition du groupe ou de la musique. Finalement, « K.I.A. (Killed In Action) » résume (pour l’instant) leur carrière.

Après The Trap (2005) et Silence Is Golden (2008), les Hushpuppies ressortent de leur studio avec The Bipolar Drift, sorti le 21 mars. Un troisième album dans la continuité des précédents, en marquant une légère évolution déjà amorcée par Silence Is Golden. Les Français, qui se sont fait connaître avec un rock dansant (« You’re Gonna Say Yeah ») aux relents garage (« 1975 », « Pale Blue Eyes »), s’approchent album après album d’une musique aux sonorités plus pop et au rythme plus tranquille (« Every Night I Fight Some Giant« ).
Au contraire d’un manque d’inspiration débouchant sur un album fade, les Hushpuppies ne font dans leur nouvel album que confirmer une tendance déjà perceptible sur leur deuxième opus (« A Trip To Vienna », « Love Bandit »). Pas de craintes donc d’entendre sur The Bipolar Drift une répétition des recettes à succès du groupe. Les Hushpuppies évoluent petit à petit, en gardant un peu de leur dynamisme (« Frozen Battle ») et tout en se tournant vers un son plus calme (« Rodeo »). Des riffs moins gras, certes, mais toujours aussi inspirés.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5).

 

Alors que le printemps arrive, le soleil refait son apparition et les sourires font de même. Skybox n’a pas attendu si longtemps pour faire partager son sourire. Créé en 2005, le quintet pop américain a fait sienne la musique pop psychédélique (« The Lass, The Bitch & The Butcher »). Rythmée et joyeuse (« Various Kitchen Ustensils »), la musique du groupe allie les influences du rock psychédélique des années 1960 et la new wave des années 1980. Skybox a enregistré deux albums, Arco Iris (2006) et Morning After Cuts (2010).
Entre envolées lyriques et défoulements sur leurs instruments, les cinq Américains trouvent aussi parfois le temps de se poser un peu (« Cue Conversation », « It’s A Bumpy Ride On The Back Of A Camel »), pour mieux rebondir ensuite (« Buckets », « Fences »). Avec ce rythme et cet humour parfois déjantés (« Disco Duck »), on vient bien croire qu’ils aient mis le ciel en boîte, ou au moins qu’ils aient essayé. De quoi oublier l’hiver facilement.

La playlist de la semaine (26)

Publié: 21 mars 2011 dans playlist

Malgré un léger manque d’assiduité ces derniers temps, rien (ou presque) ne peut empêcher la playlist de la semaine d’être publiée le lundi matin, sauf, évidemment, en cas de suppression du lundi matin.
Aujourd’hui, The Rakes et The White Stripes se reforment, Tears For Fears rejoue un vieux tube, et Ghinzu nous prouve que les Belges ont quelque chose en plus de la bière.

« Something Is Not Right With Me », Cold War Kids (Loyalty To Loyalty) :

 

– « 1989 », The Rakes (Klang)
– « I Turn My Camera On », Spoon (Gimme Fiction)
– « Alike », Efterklang (Magic Chairs)
– « City Of The Dead », The Charlatans (Simpatico)
– « Catch Hell Blues », The White Stripes (Icky Thump)
– « Jet Sex », Ghinzu (Blow)
– « White Blank Page », Mumford & Sons (Sigh No More)
– « Showdown », Pendulum (In Silico)
– « Shout », Tears For Fears (Songs From The Big Chair)

Une playlist à retrouver sur Deezer et Youtube.