Archives de juin, 2011

Quand on apprend que la chanteuse de ce groupe électro-pop se destinait jusqu’à ses 18 ans à une carrière de chanteuse d’opéra, on se dit que les plans de carrière sont faits pour être balayés. Katie Stelmanis a finalement complètement changé de voie, pour finir par créer Austra il y a trois ans. Ambiance sombre et beat parfois formaté pour passer en club, les influences classiques ont disparu. Place désormais à un style rappelant plus Depeche Mode, avec des influences de Nine Inch Nails ou de Björk.
Feel It Break
d’Austra, c’est une cinquantaine de minutes de plongée dans un univers sombre et dansant à la fois (« Lose It », « Beat And The Pulse », « The Choke »). Un contraste entre la noirceur des paroles et le son clair des synthétiseurs (« Hate Crime ») qui fonctionne avec efficacité. L’album se conclut sur deux titres plus calmes mais toujours aussi sombres. « The Beast », au piano, résume la noirceur de Feel It Break et souligne la qualité de la voix de Katie Stelmanis. Les années d’apprentissage d’opéra ont eu du bon, au moins pour nos oreilles.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

Le groupe Ecossais ressort du studio avec son troisième album, Mirror Mirror. Un opus qui n’est d’ailleurs pas vraiment le reflet des deux précédents. Alors que Sons And Daughters nous avait habitués à une musique rapide, avec une guitare omniprésente, Mirror Mirror prend à contre-pied. Dès le premier titre (« Silver Spell »), la guitare est rangée dans un placard. Le rythme est plutôt lent et une partie est chantée a capella. « Silver Spell » semble annoncer un album concept, au moins. Finalement, le reste n’est pas conceptuel du tout, à part peut-être la pluie en fond sonore sur « The Beach ».
Sons And Daughters n’a finalement pas abandonné la guitare (« The Model »), mais le son de celle-ci est nettement différent de ce à quoi le quatuor nous avait accoutumés. Oubliés, les riffs dynamiques de « Gilt Complex » ou « Rebel With The Ghost ». A l’image du single « Breaking Fun », le rythme est un peu retombé. Scott Paterson, moins occupé par sa guitare, en profite pour donner de la voix un peu plus que dans les deux précédents albums. Globalement, le son de Mirror Mirror est plutôt lourd et donne un aspect assez sombre à l’ensemble. Définitivement, oubliez les albums précédents, au son plutôt positif. Sons And Daughters réussit son troisième album, en sortant un peu de son registre pour s’attaquer à quelque chose de nouveau. Le tout avec brio.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

A l’heure où les artistes sont de plus en plus nombreux à introduire un peu (ou beaucoup) d’électro dans leur musique, Ryan Sheridan donne l’impression de ne pas avoir compris la technique pour vendre des disques. Accompagne uniquement de sa guitare acoustique et de percussions au cajón, ce chanteur irlandais a enregistré son premier album, The Day You Live Forever, cette année. Pour ce qui est de vendre, cela ne pose finalement pas de problèmes : une semaine après sa sortie, l’album se classait à la deuxième place des charts irlandais, grâce notamment à un single qui cartonne (« Jigsaw »).

Pour le reste, Ryan Sheridan joue sur une voix assez impressionnante, des textes plutôt bons et un jeu à la guitare rythmé (« The Dreamer »). Sa musique est plutôt folk, avec parfois des airs de Mumford and Sons. Mais Ryan Sheridan sait aussi jouer dans un registre plus pop, avec un jeu à la guitare plus calme, allant même jusqu’à se donner des faux airs de Genesis (« Machine »). Ajoutons à cela des textes de bonne qualité qui, s’ils sont autobiographiques, permettent à de nombreux Irlandais de s’y reconnaître. Pas de synthé, mais pas d’inquiétudes.

Suck It And See. Après la parenthèse Humbug (2009), qui ressemblait plus à un album de The Last Shadow Puppets et laissait sur sa faim, les Arctic Monkeys  semblaient revenir aux fondamentaux, à en juger par le titre de l’album (rappelant Whatever People Say I Am… ou Who The Fuck Are Arctic Monkeys ?) et d’un single (« Don’t Sit Down ‘Cause I’ve Moved Your Chair »). Le très classique mais efficace groupe anglais a guitares paraissait revenir à l’ordre du jour. Finalement, l’écoute du premier single, « Brick By Brick », annonce la couleur : les Arctic Monkeys se lancent dans un style différent des albums précédents et enterrent (définitivement ?) celui qui les a rendu célèbres. La voix d’Alex Turner a changé, elle est plus grave et plus posée (« She’s Thunderstorms »). Les guitares, auparavant au son clair et au rythme endiablé, jouent dans un registre beaucoup plus grave. Les riffs sont souvent lourds, gras (« Don’t Sit Down ‘Cause I’ve Moved Your Chair »). Une exception tout de même : « Library Pictures », le titre qui rappelle les premiers albums.
Globalement, la musique des cinq Britanniques a un je-ne-sais-quoi de très américain, une sorte de retour aux sources du rock. Entre la ballade « Piledriver Waltz » (et sa référence au Heartbreak Hotel d’Elvis), « Suck It And See » ou encore « Brick By Brick », les Arctic Monkeys élargissent l’éventail de leur répertoire. Et réalisent le doublé : faire évoluer sa musique tout en restant très bons.

Une (très) bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4,5/5)