Archives de novembre, 2011

C’est un peu comme ouvrir une boîte dans laquelle se trouve un diable à ressort. Dès les premiers accords de Marcata, l’album des Irlandais de The Minutes, les riffs sont gras, Mark Austin hurle plus qu’il ne chante, le batteur cherche à trouer sa caisse claire. La seule véritable différence avec le diable en plastique de la boîte, c’est que celui-ci reste immobile au bout d’une ou deux secondes.
Marcata, ce serait plus une boîte de Pandore remplie de bruit et d’énergie (« Monster », « Secret History »). Durant les 34 minutes que dure la déflagration, on plonge dans un rock garage qui donne envie de pousser des murs. Heureusement, l’album contient aussi des sonorités blues (« Black And Blue (A Letter) »), ce qui nuance légèrement le ressenti global, et permet d’éviter de passer uniquement pour un bourrin ou un adolescent en pleine remise en cause de l’autorité.
The Minutes, aussi explosifs sur scène qu’en studio, semblent être l’archétype du groupe à écouter dans un garage crasseux avec une chaîne hi-fi sur le point de rendre l’âme.

A écouter en boucle (5/5)

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Gallois de Los Campesinos! sont des rapides. Formé en 2006, le groupe a sorti deux albums en 2008 (Hold On Now, Youngster ; We Are Beautiful, We Are Doomed), un en 2010 (Romance Is Boring), et un cette année, Hello Sadness. Et avec eux, quantité rime avec qualité. Hello Sadness s’inscrit dans la continuité des opus précédents, ce son pop plutôt tranquille et un peu guilleret, avec une touche un peu plus négative cette fois.
Los Campesinos! se sont toujours basés sur le contraste entre une musique positive et des paroles qui le sont moins (« Romance Is Boring »). Mais cette fois, la musique elle aussi est un peu plus sombre, tandis que les textes gardent le même esprit. En témoignent « Every Defeat A Divorce (Three Lions) » ou « Light Leaves, Dark Sees Part II », et leur rythme pesant. Autre nouveauté, des sons un peu électro, comme sur « By your Hand » (un titre dont le clip montre à lui tout seul l’arrivée dans un univers plus sombre qu’auparavant).
Avec Hello Sadness, Los Campesinos! ralentissent le rythme de leur musique, mais composent toujours aussi vite. Et bien.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

C’est l’histoire d’un groupe qui a existé pendant six minutes à la radio. The Verve (1989-2009), c’est essentiellement « Bittersweet  Symphony », ce tube britpop de 1997 qui a envahi toutes les paires d’oreilles, consentantes ou non. Avant, deux albums et une séparation. Après, un album et deux séparations.
La bande à Richard Ashcroft a lancé sa carrière en 1993, avec A Storm In Heaven. Un album intéressant, pile dans la britpop qui commence à avoir du succès, mais à une époque où Jordy et Patricia Kaas sont en tête des ventes de disques en France. L’album contient quelques pépites, comme « Star Sail » ou « Butterfly ». L’album suivant ne confirme pas. The Verve enregistrent A Northern Soul en 1995, un opus fade et peu inspiré. Proches d’Oasis (avec qui ils ont joué à plusieurs reprises), les quatre britanniques se font dépasser par le groupe des frères Gallagher. Le groupe finit par se séparer et laisser la britpop se résumer à un duel Oasis-Blur.
En 1997, après un changement de guitariste, The Verve devient enfin un groupe connu, grâce au tube « Bittersweet Symphony ». L’album Urban Hymns qui l’accompagne est probablement l’un des meilleurs des années britpop. L’opus regorge de titres accrocheurs (« The Rolling People »« Come On »« Catching The Butterfly ») et permet à The Verve de réaliser la plus grosse vente d’albums dans le monde pour 1997, tous genres musicaux confondus.
Mais après un an de tournée et une ambiance délétère, les membres se séparent une nouvelle fois en 1999. C’est le moment pour Richard Ashcroft de s’essayer à une carrière solo, avec plus ou moins de réussite. Pendant ce temps, le guitariste Simon Tong remplace Graham Coxon pour les concerts de Blur, joue avec Gorillaz et enregistre en 2007 l’album The Good, The Bad And The Queen avec Damon Albarn et Paul Simonon.
The Verve revient finalement en 2008, avec Forth, un album qui a pour principal défaut de s’être trouvé dans les bacs au mauvais moment. Alors que la britpop s’enterre peu à peu, la bande d’Ashcroft lui rend ce qui ressemble à un dernier hommage. Entre « Love Is Noise »« Sit And Wonder », « Appalachian Springs » et la ballade « Judas », certains titres auraient certainement eu beaucoup plus de succès dix ou quinze ans auparavant.
The Verve se sépare à nouveau en 2009, tout en laissant planer le doute sur une éventuelle future reformation. Et en laissant un fort goût d’inachevé.