Archives de décembre, 2011

« Give me a reason to love you. Give me a reason to be a woman. » Ou comment résumer toute la gloire de Portishead en deux phrases. Nous sommes en 1994. Le trio trip-hop britannique vient de sortir son premier album, Dummy, et les radios raffolent du premier single, « Glory Box » (d’où sont tirées ces deux phrases). Le mouvement trip-hop, méconnu, vient de trouver une nouvelle visibilité grâce à Portishead. Mais quand le groupe retournera dans l’anonymat (assez rapidement, juste le temps de gagner le Mercury Music Prize 1995, une distinction qui se veut la concurrente des Brit Awards), le trip-hop redevient un genre ignoré du grand public.
Outre les 3 minutes 30 du rythme lancinant de « Glory Box », l’album Dummy est une réussite, tant musicale que commerciale. Mais le deuxième opus, Portishead (1997), n’obtient pas le même écho que son prédécesseur. Pourtant, le style est le même et la qualité est toujours au rendez-vous (« All Mine »« Elysium »). Mais la mode a changé (c’est The Verve qui cartonne, Radiohead sort OK Computer) et Portishead doit se contenter d’un succès bien plus restreint.
L’année suivante, la chanteuse Beth Gibbons prend ses distances avec Portishead, sort un album avec l’ex-bassiste de Talk Talk (Out Of Season, 2002), puis annonce en 2003 qu’elle retrouve le groupe pour préparer un troisième opus. Finalement, Third sort en 2008, avec un style un peu différent des prédécents. La trip-hop est toujours à la base, mais le trio se lance un peu dans l’expérimental (« Machine Gun »). Un aspect qui nuit au succès de Third, qui ne glisse peut-être pas assez entre les oreilles pour charmer un large public.

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Qui a dit que la musique contestataire n’existait plus ? En marge des émeutes à Londres en août 2011, trois hommes se font petit à petit connaître en jouant leurs chansons dans les cortèges de manifestants. Derek Meins, armé d’un mégaphone, et Robert Dylan Thomas et T-Train, assis chacun à une batterie, encouragent la contestation à coups de textes engagés.
Sans détours, The Agitator veulent inciter les gens à dire non, en réponse à la crise financière et par opposition à la classe politique. L’objectif, être le plus percutant possible, et donc ne pas se perdre dans les détails : les paroles sont claires, les refrains en forme de slogans efficaces (« Let’s Start Marching »), et la musique est minimaliste (« Give Me All That You Got »). « Les guitares sont pour les tapettes capitalistes décadentes », explique le groupe sur sa page Facebook.
Pourtant, on trouve dans le jeu des voix et des percussions bien plus de mélodie que l’on pourrait croire. Si certains titres sont clairement inspirés du hip-hop (« Get Ready »), on oublie bien vite l’absence d’instruments (« Say No! »). On comprend aussi le nom du groupe : la musique est destinée à agiter les cerveaux, mais aussi les membres.
Avec l’énergie qu’ils dégagent sur scène, The Agitator portent bien leur nom. Celui de trois agités qui ambitionnent de changer les choses en réveillant les gens qui les écoutent.

C’est certainement un groupe de plus dans la longue série des « quatuors globalement inconnus que l’on écoute d’une oreille distraite ». C’est d’autant plus vrai que Be Your Own Pet a existé durant quatre ans. Le temps d’enregistrer deux albums bourrés d’énergie. Les différences entre Be Your Own Pet (2006) et Get Awkward (2008) sont ténues, ils entrent tous les deux dans la catégorie des enregistrements d’ados attardés qui cherchent à faire un maximum de bruit.
Alors oui, Be Your Own Pet, ce n’est certainement pas un concentré d’envolées lyriques. Ce n’est pas une grande recherche musicale non plus. C’est en revanche un de ces groupes entre le punk et le garage, qui braillent dans un micro juste pour le plaisir de faire de la musique. Leurs albums regorgent aussi de références à leurs aînés en matière de musique, parmi lesquels Led Zeppelin (« Stairway To Heaven ») ou Queen (« Bicycle, Bicycle, You Are My Bicycle »).
Le groupe mené par Jamina Pearl est à l’origine d’une flopée de titres courts et entraînants (« Adventure »« Heart Throb »). Des chansons qui résument plutôt bien la carrière de Be Your Own Pet, qui rappelle un peu le slogan « live fast, die young ». Les deux albums du groupe vont à cent à l’heure, et l’histoire du quatuor s’est arrêtée presque aussi vite.