Archives de février, 2012

S’il y a des groupes qui n’ont pas encore cédé aux sirènes de la musique commerciale, Kenny Cornflakes a largement sa place parmi eux. Le quintette australien se définit comme « toilet punk » sur sa page Facebook et on aurait du mal à les contredire. Compositions minimalistes ou déjantées, paroles parfois inutiles (« Everybody Thinks I’m An Idiot », « Hello Hi« ), son lo-fi, Kenny Cornflakes rappelle un peu le rock indé du début des années 90 (Sonic Youth, Pixies), notamment sur « Speed Queen Washing Machine ».
Kenny Cornflakes est surtout le produit de ses deux têtes pensantes, Miriam Chidam et Sean Henry aux guitares et au chant. Un duo qui serait probablement comparé aux Kills ou aux White Stripes à longueur de journée si les Australiens étaient plus connus. Kenny Cornflakes a enregistré une ribambelle d’EP depuis sa création en 2007. En 2010 sort le premier album du groupe, Et Cetera, une sorte d’ode aux chansons trop courtes (« Super Pop Star », « Me In The Room ») qui réunit du coup 25 titres (dont seulement la moitié dépassent les 2 minutes).
Et Cetera, ce sont des distorsions musicales à la pelle, des rythmes improbables (« Frankenston », « Panafen Plus Stole My Heart »). Parodies de chansons pop au synthé, interludes douteux, guitares saturées, il y en a (presque) pour tous les goûts.

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1995, c’est le début de la bataille range entre les fans de Blur et ceux d’Oasis, qui parviendront presque à faire oublier que la britpop ne se limitait pas à ces deux groupes. En 1994, Oasis avait débarqué avec Definitely Maybe, et (What’s The Story) Morning Glory? suivait pour 1995. Blur, arrivé sur scène en premier, se voyait dépassé par les frères Gallagher, après un Parklife (1994) plutôt bon mais pas assez percutant.
En 1995, donc, sort The Great Escape, déjà le quatrième album de la bande de Damon Albarn. L’écouter seul est déjà plaisant, l’opus regorgeant de très bons titres (« The Universal », « Globe Alone », « Country House », « Stereotypes »…). Blur joue sur des mélodies pop simples et entrainantes et d’autres plus calmes, réussissant mieux à les mêler que sur les albums précédents.
Mais The Great Escape s’écoute mieux avec Oasis en face. Car les deux groupes ont une philosophie diamétralement opposée. Quand Damon Albarn chante avec cynisme sur des mélodies relativement calmes (« Fade Away »), Liam Gallagher use de sa voix éraillée pour partager une envie de rêver (« Rock ‘n’ Roll Star »).
Le principal duel de l’histoire de la britpop se résume alors en une opposition entre des Londoniens désabusés qui présentent bien (« Charmless Man ») et des Mancuniens violents qui dissertent sur la beauté du monde (« Wonderwall »). Reste à savoir si vous serez plus gosse de riche cynique ou hooligan rêveur.

On peut souvent débattre sur ce que tomber dans l’oubli signifie. On trouvera toujours quelqu’un pour dire que les fans de tel ou tel groupe sont suffisamment nombreux pour que le groupe en question soit toujours sur le devant de la scène. Heureusement, certains artistes mettent tout le monde d’accord.
Passons sur Jeff Buckley ou Amy Winehouse et concentrons-nous sur The Servant, un groupe qui s’est séparé trois ans après son succès planétaire. En 2003, ce sont « Cells », « Liquefy » ou « Orchestra » qui font le tour des radios, donnant un sérieux coup de projecteur sur un groupe britannique psychédélique qui sort son premier album. Entre la voix hantée de Dan Black et des mélodies particulières, The Servant accroche certaines oreilles et en rebute beaucoup d’autres.
Trois ans auparavant, le groupe avait sorti deux EP, Mathematics et With The Invisible. Hormis « Biro », les titres sont un peu trop brouillons, mais préparent l’album The Servant qui sortira en 2003. Le premier album des Londoniens reste franchement inégal mais est porté par trois très bons singles. Parmi les autres titres de l’album, peu de réussites, sauf l’excellent « Jesus Says ».
The Servant sort un second album en 2006, How To Destroy A Relationship. Un opus qui tourne presque complètement le dos à l’aspect psychédélique de la musique des opus précédents. « Save Me Now », « Brains » ou « Sleep Deprivation » sont autant de titres qui, s’ils sonnent bien, ne ressemblent pas assez à du The Servant pour satisfaire complètement. La musique a l’air trop gentille, comme si Dan Black s’excusait d’avoir eu une voix hantée à faire mourir de rire ou de peur.
Peu après How To Destroy A Relationship, The Servant se séparent, leur succès et leur originalité déjà derrière eux.