Archives de la catégorie ‘folk’

A l’heure où les artistes sont de plus en plus nombreux à introduire un peu (ou beaucoup) d’électro dans leur musique, Ryan Sheridan donne l’impression de ne pas avoir compris la technique pour vendre des disques. Accompagne uniquement de sa guitare acoustique et de percussions au cajón, ce chanteur irlandais a enregistré son premier album, The Day You Live Forever, cette année. Pour ce qui est de vendre, cela ne pose finalement pas de problèmes : une semaine après sa sortie, l’album se classait à la deuxième place des charts irlandais, grâce notamment à un single qui cartonne (« Jigsaw »).

Pour le reste, Ryan Sheridan joue sur une voix assez impressionnante, des textes plutôt bons et un jeu à la guitare rythmé (« The Dreamer »). Sa musique est plutôt folk, avec parfois des airs de Mumford and Sons. Mais Ryan Sheridan sait aussi jouer dans un registre plus pop, avec un jeu à la guitare plus calme, allant même jusqu’à se donner des faux airs de Genesis (« Machine »). Ajoutons à cela des textes de bonne qualité qui, s’ils sont autobiographiques, permettent à de nombreux Irlandais de s’y reconnaître. Pas de synthé, mais pas d’inquiétudes.

Après Gee Whiz But This Is A Lonely Town (2007) et la bande-originale du film La Véritable Histoire du Chat Botté (2009), le groupe franco-américain Moriarty revient sur scène avec The Missing Room (sortie le 14 mars en version digitale, le 26 avril en CD). L’album est une nouvelle plongée dans l’Amérique profonde du début du XXe siècle, un peu fantasmée tout de même. Quatre ans après le titre « Jimmy », couronné de succès, le groupe folk ne change pas beaucoup sa recette (« I Will Do »).
L’essentiel de la musique colle à Gee Whiz But This Is A Lonely Town, avec la même guitare au son un peu roots, ce son particulier qui serait en fond de n’importe quel bon western, pendant une scène qui se déroulerait dans une maison isolée dans une zone désertique (« Serial Fields »). Ce côté « seuls au milieu de nulle part » se ressent dans ce nouvel album (« Isabella »), malgré l’apparition (surprenante mais pas désagréable) de guitares électriques au début de « Julie Gold’s Candy Cane Tale ».

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Après certaines journées longues comme le bras, l’envie de s’arracher les tympans à coups de rock garage survitaminé atteint un quotien d’environ zéro. Mais parce qu’une soirée sans musique est une soirée vide, il faut quand même trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Kings Of Convenience s’est très certainement formé pour venir en aide aux travailleurs ayant eu une journée fatigante (ou au moins en ayant eu l’impression). Le duo norvégien a très vite compris que sa chance face au garage est de jouer le contraire, plus ou moins.
D’où leur répertoire entre pop et folk, constitué d’environ 95 % de ballades. Trois albums plus reposants les uns que les autres, pour les amateurs de guitare acoustique et de chansons au coin du feu (Quiet Is The New Loud (2001), Riot On An Empty Street (2004), Declaration Of Dependence (2009), ainsi qu’un album de remixes, Versus, en 2001). Le tout relevé de quelques titres plus sympathiques que les autres, comme « Homesick », « Toxic Girl », « The Weight Of My Words » ou « 24-25 » par exemple. Amateurs de batterie et de riffs déchaînés, passez votre chemin.

The Dodoz ≠ The Dodos

Publié: 11 janvier 2011 dans découverte, folk, pop, rock
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Sept lettres, une batterie, une guitare, une basse, du chant en anglais. Ce sont là tous les points communs entre The Dodoz et The Dodos, qui me permettent de réaliser le parallèle tordu (vous avez bien lu) de l’année. The Dodoz, quatuor toulousain, s’est formé en 2004, tandis que le trio californien de The Dodos a débuté en 2005. Les deux groupes ont enregistré un album en 2009 (Time To Die pour les Américains, The Dodoz pour les Français), et en préparent un pour cette année.
Voilà pour ce qui rapproche tous les Dodosz.
Quand on veut se reposer avec un son entre pop et folk avec The Dodos (« Small Deaths »« Fools »), un voisin se réveille en faisant cracher le rock énergique de The Dodoz dans sa chaîne hi-fi (« Do You Like Boys ? »). Pour écouter une voix féminine et vive, The Dodoz est tout trouvé. Quant aux amoureux des voix d’hommes qui ont gardé leur douceur, The Dodos est fait pour eux.
A la fois attirés et repoussés l’un par l’autre, ces deux groupes fonctionnent plus ou moins comme des aimants. Avec tout de même une dernière similitude : chacun d’eux nous fait partager sa bonne humeur, à travers la musique ou les paroles. De quoi se coller un sourire sur le visage pour la journée.

La folk, un genre musical dépassé ? On imagine très bien les musiciens dans un saloon délabré, avec leurs vieux instruments, et surtout en photo sépia dans un musée. Halte aux clichés : on peut jouer de la bonne musique sans avoir de synthés. La preuve ? Mumford & Sons. Oui, c’est folk, mais non, ce n’est pas old school. Ici, pas de riffs suvitaminés à la guitare, mais une mandoline et une contrebasse. Comme souvent dans la folk, les quatre membres de ce groupe londonien jouent de plusieurs instruments (guitare, banjo, accordéon, contrebasse, batterie ou claviers selon les goûts), et tous prennent part au chant.
Mumford & Sons a enregistré un album (Sigh No More) en 2009.  L’album joue sur une mélancolie présente sur la plupart des titres (« Sigh No More », « Winter Winds »« I Gave You All ») et un rythme entraînant parfois (« Little Lion Man »). Le tout avec de bons textes, histoire de ne pas gâcher le plaisir quand on jette un œil aux paroles. Loin des groupes écoutés et réécoutés, Mumford & Sons trace sa route, un peu à contre-courant de ce qui marche en ce moment. Mais leur route est bien assez large, aucune inquiétude là-dessus.

Marre de l’agressivité sonore du quotidien ? Envie de se poser et de se détendre ? Local Natives est fait pour vous. Avec un son reposant, des guitares et un synthétiseur au son fluide, le quintet de la baie de Los Angeles s’est très probablement formé dans le seul but de vous reposer après une journée de travail (ou avant, bien entendu). Loin du son parfois agressif des groupes de rock californiens, Local Natives fait l’effet d’une crème contre les piqûres de moustiques, pour son aspect apaisant. Comme quoi on peut être West Coast et tranquille à la fois.
Du point de vue plus terre à terre du lecteur qui veut savoir quoi écouter, leur album Gorilla Manor a été enregistré en 2009. Une cinquantaine de minutes au ralenti, plus efficaces qu’un après-midi massage-manucure ou une thalassothérapie. Avec quelques pépites, parmi lesquelles « Airplanes »« Who Knows Who Cares »« Cubism Dream » ou encore « Camera Talk » (effectivement, « Camera Talk » n’est pas aussi calme que le reste, mais c’est certainement l’exception qui confirme la règle, et un moyen de me contredire).