Archives de la catégorie ‘lo-fi’

S’il y a des groupes qui n’ont pas encore cédé aux sirènes de la musique commerciale, Kenny Cornflakes a largement sa place parmi eux. Le quintette australien se définit comme « toilet punk » sur sa page Facebook et on aurait du mal à les contredire. Compositions minimalistes ou déjantées, paroles parfois inutiles (« Everybody Thinks I’m An Idiot », « Hello Hi« ), son lo-fi, Kenny Cornflakes rappelle un peu le rock indé du début des années 90 (Sonic Youth, Pixies), notamment sur « Speed Queen Washing Machine ».
Kenny Cornflakes est surtout le produit de ses deux têtes pensantes, Miriam Chidam et Sean Henry aux guitares et au chant. Un duo qui serait probablement comparé aux Kills ou aux White Stripes à longueur de journée si les Australiens étaient plus connus. Kenny Cornflakes a enregistré une ribambelle d’EP depuis sa création en 2007. En 2010 sort le premier album du groupe, Et Cetera, une sorte d’ode aux chansons trop courtes (« Super Pop Star », « Me In The Room ») qui réunit du coup 25 titres (dont seulement la moitié dépassent les 2 minutes).
Et Cetera, ce sont des distorsions musicales à la pelle, des rythmes improbables (« Frankenston », « Panafen Plus Stole My Heart »). Parodies de chansons pop au synthé, interludes douteux, guitares saturées, il y en a (presque) pour tous les goûts.

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Accords impeccables, voix posées, arrangements parfaits, guitares enflammées… autant de choses à oublier complètement s’il vous vient à l’idée d’écouter Times New Viking. Le trio américain est plutôt à classer dans le genre rock crasseux, option lo-fi (« No Time, No Hope »). Pas facile de percer quand on joue une musique pas vraiment radiophonique (loin de moi l’idée de critiquer les radios ici, cela paraît réellement inimaginable d’entendre un jour Times New Viking, quelle que soit la station). Le groupe persévère pourtant, avec déjà quatre albums au compteur, tous plus crades les uns que les autres, et dans lesquels il n’y a pas de basse mais un synthé.
Tour à tour entêtante (« Indian Winter », « Teen Drama »), entraînante (« We Got Rocket », « Drop-Out ») ou psychédélique (« Lovers’ Lane »), la musique de Times New Viking rappelle certains délires des Pixies et nous offre d’une manière plus générale un retour dans cette période entre la fin des années 1980 et les années 1990, où jouer un son crasseux pouvait aussi être la marque des plus grands (Pavement). Ces trois Américains nous rappellent que la musique peut aussi être le plaisir tout simple de gratter quelques cordes ou de taper sur des peaux avec des baguettes, sans systématiquement rechercher l’esthétique parfaite (ou l’esthétique tout court en l’occurrence).
Le cinquième album du groupe, Dancer Equired, est prévu pour la fin du mois d’avril prochain.

Dylan Baldi est un homme-orchestre américain, qui s’amuse à enregistrer un album tout seul. Accompagné sur scène, il change aussi son nom, qui devient Cloud Nothings. Mais la vraie particularité de Dylan Baldi, c’est le son qu’il joue. Loin des enregistrements parfaits dont on a l’habitude, Cloud Nothings est à classer dans le lo-fi, c’est-à-dire avec un son altéré volontairement. Lo-fi vient de « low fidelity », par opposition au hi-fi. Le but au début du mouvement (années 1980) était de se démarquer du son entendu classiquement à la radio (voir Sebadoh, Pavement, Sonic Youth, ou dans une moindre mesure The Strokes ou The White Stripes). Le résultat donne un son crasseux, légèrement parasité.
Mais Cloud Nothings est aussi un artiste à l’énergie abondante (« Can’t Stay Awake », ou l’excellent « Morgan ») et aux mélodies entraînantes (« Hey Cool Kid »), voire entêtantes (« Real Thing », « Strummin' »). Son album (Turning On) est sorti en 2010, et un nouvel opus est déjà en préparation pour 2011.