Archives de la catégorie ‘pop-rock’

Dans la tentaculaire scène britannique, les artistes se suivent et ont peut-être un peu tendance à se ressembler, à la longue. L’année dernière, alors qu’Adele  affolait les charts (aussi bien en France qu’au Royaume-Uni, fait assez rare pour être signalé) en réussissant à voler de la part de marché à Lady Gaga ou Justin Bieber, une autre jeune femme s’est lancé avec son premier album, Seven Rainbows.
Dans un registre pop-rock somme toute assez classique, Alice Gold (de son vrai nom Alice McLaughlin) fait justement son trou avec simplicité. Une voix et une musique rappelant celles de KT Tunstall (« Cry Cry Cry »), la jeune britannique se démarque toutefois avec un jeu de guitares plus prononcé (« Runaway Love », « Orbiter ») ainsi que la présence de synthés, inexistants chez KT Tunstall.
Pour le reste, Alice Gold suit un peu les traces de son aînée, si l’on occulte le fait qu’elle n’a pas bénéficié d’un aussi grand tremplin que KT Tunstall au début de sa carrière. Quand celle-ci voyait son tube « Black Horse And Cherry Tree » reprit par Vodafone, Alice Gold doit se contenter de la tournée des festivals (T in The Park, Glastonbury) pour être vue et entendue.

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Depuis 2009, The Magnets lâche des décibels à Marseille et ses alentours. Les jeunes membres de ce quatuor (18 ans)  passent un cap ce mois-ci. Après un premier single, « Out Of My Mind » (2010), The Magnets sort un premier EP, Puzzle.
Et s’il est un casse-tête qui semble bien avancé, c’est celui de la musique du groupe. Les cinq pièces de l’EP s’articulent bien, lancées par un « Conceptual Colors » qui a tendance à faire penser au rock indé des années 90 (Sonic Youth, Pavement). La suite, c’est un savant mélange entre pop et rock. L’équilibre est tout trouvé enre la pop mélancolique de « Darkmoon », la pop-rock sympathique de « Sixteen Century Surf » et le rock explosif de « Théorie et Expérience », un titre qui donne inévitablement envie de monter le son.
Il ne reste plus qu’à laisser exploser le feu d’artifice « Emotion’s Growl » et ses sonorités électro. Et bien se rappeler que The Magnets débute. On aurait tendance à l’oublier.

Une impression de déjà-vu en écoutant Codes And Keys, le nouvel album de Death Cab For Cutie ? C’est plutôt normal, ne vous inquiétez pas. Après trois ans de silence (Narrow Stairs en 2008), Ben Gibbard et sa bande nous proposent un nouvel album, mais peu de nouveautés. Codes And Keys est quand même un assez bon opus, mais loin derrière Transatlanticism (2003), leur album le plus abouti. Globalement, on prend les mêmes et on recommence. Quitte à puiser dans ce qui a fait la réussite des albums précédents : la voix de Ben Gibbard est parfois enregistrée avec des effets lo-fi, rappelant Something About Airplanes, 1999 (« Home Is A Fire », « You Are A Tourist »), les parties instrumentales sont par moment interminables (« Unobstructed Views », « Doors Unlocked And Open »), le son des guitares est clair et donne un effet assez planant.
La vraie nouveauté, c’est que la majorité des titres sont plutôt entrainants, avec une mélodie et une voix qui sonnent positif. Si vous avez aimé « Company Calls » (dans We Have The Fact And We’re Voting Yes, 2000), vous retrouverez le même esprit dans la majorité de Codes And Keys (« Some Boys », « Monday Morning »). Pour le reste, peu de choses à signaler. Death Cab For Cutie prend peu de risques et ne se rate donc pas lamentablement. C’est peut-être seulement un album de plus. Mais au niveau de la discographie de Death Cab For Cutie, c’est-à-dire assez haut.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

The View, groupe écossais, a lancé son troisième album, Bread And Circuses, au mois d’avril. Un opus qui vient se placer dans la continuité  d’Hats Off The Buskers (2007) et Which Bitch ? (2009). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe n’a pas pris beaucoup de risques, en restant très proche de ce qu’il avait proposé depuis sa création.  L’univers musical n’a pas vraiment changé, avec un combo classique guitares-basse, nuancé d’une touche de synthé (« Same Jeans », « Tempation Dice », « Grace »).
On retrouve ainsi avec plaisir la voix particulière du chanteur Kyle Falconer et les rythmes entraînants qui sont devenus la marque de fabrique du groupe (« Happy »). Mais Bread And Circuses a un léger goût d’inachevé, justement parce qu’il n’explore rien de nouveau. The View se contente d’ajouter des titres similaires à sa discographie, sans toucher à la structure de la musique. Une continuité qui donne des chansons toujours assez plaisantes, mais qui finissent par devenir redondantes (« Girl », « Life », « Walls »). Faut-il voir le verre à moitié plein ou  à moitié vide ? Le mieux est encore d’écouter l’album avant de juger.

Trouvez un ami pour vous le prêter (3/5)

En anglais, un « dutch uncle » est une personne qui use de sévérité et de rudesse pour éduquer quelqu’un, parfois à outrance. La musique de Dutch Uncles, quintet anglais formé en 2008, est loin de refléter cette rudesse. Au contraire d’un son que l’on pourrait imaginer plein de Larsens et de riffs à vous en arracher les tympans, les cinq Britanniques jouent dans un registre très pop, à coups de mélodies fraîches. Le chanteur, Duncan Wallis, a la voix si haut perchée que l’on peut la confondre avec celle d’une femme. Voilà pour les traces de rudesse dans la musique de Dutch Uncles.
Pour le reste, le groupe joue sur la fraîcheur, quitte à en abuser un peu parfois en tombant dans les travers de certains groupes pop (Guillemots, ou le deuxième album des Hoosiers) : des chansons stéréotypées et similaires aux paroles sans profondeur. Dutch Uncles limite la casse dans ce domaine en variant un peu plus leur registre au fil de leur deux albums (Dutch Uncles, 2008, et Cadenza, 2011). Pop-rock avec « Takeover » ou « Steadycam », pop avec « Dolli », « Loved Rat » ou « OCDUC », ou avec des relents de dance comme sur « Cadenza ». Pop, peut-être, mais pas trop cliché non plus.

 

La télékinésie, c’est la capacité de faire bouger des objets par la pensée. Telekinesis, un jeune groupe originaire de Seatlle, c’est un peu pareil : une fois que l’on connaît, on a envie de sautiller sur place simplement en s’imaginant à l’écoute de leur deuxième album, 12 Desperate Straight Lines, paru en février dernier. Leur recette est plutôt simple, mais drôlement efficace : rythme dynamique et plus ou moins dansant (« Gotta Get It Right Now », « I Got You »), riffs plus ou moins gras (« Please Ask For Help », « 50 Ways »), voix claire… le quatuor américain se glisse facilement dans votre bibliothèque musicale, rappelant la fraîcheur de The Twees ou Satellite Stories (« Dirty Thing »).
12 Desperate Straight Lines débute pourtant avec un titre calme (« You Turn Clear In The Sun »), annonçant un album plus reposant que ce qu’il est au final. Le calme revient dans l’introduction de « Fever Chill » et dans « Patterns ». Le reste du temps, le groupe a la pêche et le fait savoir. Telekinesis est un groupe qu’on a du mal à imaginer en train de jouer sous la pluie. Dans ce cas, elle s’arrête après les premiers accords.

Plutôt que de démarrer sans label comme beaucoup de groupes émergents à l’heure actuelle (The Gadsdens ou The Brassic, pour citer des groupes présentés sur ce blog), les MelTones ont choisi de faire appel à MyMajorCompany. De quoi se simplifier la vie quand on recherche des fonds pour enregistrer un album, Nearly Colored. L’opus doit sortir dans peu de temps, mais aucune date n’a encore été annoncée.
En attendant, le quatuor français a enregistré un EP, EP n°1, qui rassemble quatre titres de l’album. Au programme, sonorités entre pop et rock, dans un style assez classique mais efficace. Derrière « Don’t Stop Breathing » (en version acoustique sur le lien), un titre au refrain entêtant juste ce qu’il faut pour qu’il reste dans la tête sans en devenir redondant, l’EP rassemble des titres entraînants (« Dear Leader »).
De quoi annoncer un album intéressant cette année.