Archives de la catégorie ‘pop’

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Gallois de Los Campesinos! sont des rapides. Formé en 2006, le groupe a sorti deux albums en 2008 (Hold On Now, Youngster ; We Are Beautiful, We Are Doomed), un en 2010 (Romance Is Boring), et un cette année, Hello Sadness. Et avec eux, quantité rime avec qualité. Hello Sadness s’inscrit dans la continuité des opus précédents, ce son pop plutôt tranquille et un peu guilleret, avec une touche un peu plus négative cette fois.
Los Campesinos! se sont toujours basés sur le contraste entre une musique positive et des paroles qui le sont moins (« Romance Is Boring »). Mais cette fois, la musique elle aussi est un peu plus sombre, tandis que les textes gardent le même esprit. En témoignent « Every Defeat A Divorce (Three Lions) » ou « Light Leaves, Dark Sees Part II », et leur rythme pesant. Autre nouveauté, des sons un peu électro, comme sur « By your Hand » (un titre dont le clip montre à lui tout seul l’arrivée dans un univers plus sombre qu’auparavant).
Avec Hello Sadness, Los Campesinos! ralentissent le rythme de leur musique, mais composent toujours aussi vite. Et bien.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

C’est l’histoire d’un trio irlandais qui distribue de la bonne humeur à qui veut les entendre. Armés d’une guitare, d’une basse et d’une batterie, les rouquins de Squarehead jonglent entre nonchalance et franche rigolade. Leur album, Yeah Nothing, est un enchaînement de chansons positives, aux accents pop plus ou moins prononcés. Les douze titres de l’album glissent facilement entre les oreilles, avec une atmosphère ressemblant un peu à un départ en vacances.
Avec un style se rapprochant un peu de Supergrass pour le côté « colle-toi un sourire sur le visage », Squarehead propose des chansons sans prétention, qui semblent avoir pour seul but de faire se lever les gens assis au fond du pub pendant le concert. Les paroles nous replongent dans une sorte de romantisme un peu adolescent (« Midnight Enchilada »« Confident Girls »), ce qui ajoute à l’effet cure de jouvence de l’album.
Squarehead, qui se définit comme un groupe de « junk pop », sait avant tout manier avec des rythmes accrocheurs (« Save Yourself »« I Wanna Hold Your Hand »). Le trio conclut Yeah Nothing avec le premier single, « Fake Blood », un titre un peu mélancolique. Une chanson qui sonne comme la fin des vacances.

L’année dernière, il était difficile de passer à côté d’eux et de leur tube « Let’s Go Surfing », une chanson pop qui ne paye pas de mine et qui se retrouve écoutée en boucle. Depuis, après un changement de guitariste, The Drums donnent l’impression de (déjà) s’essouffler. Leur EP Summertime! (2009) était prometteur, avec un son frais et des mélodies enjouées. L’album qui a suivi, The Drums, était déjà moins intéressant, tout juste sauvé par l’efficace « Let’s Go Surfing », déjà présent dans Summertime! D’autres titres étaient en revanche assez fades (« It Will All End In Tears »« I’ll Never Drop My Sword »« The Future »).
Dans Portamento, les New-Yorkais ont eu la fâcheuse idée de composer des titres très proches les uns des autres. A la première écoute, il faut attendre « I Don’t Know How To Love » (6e piste sur 12) pour repérer un titre vraiment différent des autres. Avec un « Money » qui sonne comme un miroir (raté) de « Let’s Go Surfing », la promo de Portamento était bancale. A moins qu’elle ne résume tout simplement un album fade, qui ressemble à une compilation des mauvais titres des Drums.
Trop de précipitation (un an de préparation) ou un groupe déjà sur la mauvaise pente ? En tout cas, The Drums valent mieux que cela.

A écouter une fois… mais pas plus (2/5)

Quand on apprend que la chanteuse de ce groupe électro-pop se destinait jusqu’à ses 18 ans à une carrière de chanteuse d’opéra, on se dit que les plans de carrière sont faits pour être balayés. Katie Stelmanis a finalement complètement changé de voie, pour finir par créer Austra il y a trois ans. Ambiance sombre et beat parfois formaté pour passer en club, les influences classiques ont disparu. Place désormais à un style rappelant plus Depeche Mode, avec des influences de Nine Inch Nails ou de Björk.
Feel It Break
d’Austra, c’est une cinquantaine de minutes de plongée dans un univers sombre et dansant à la fois (« Lose It », « Beat And The Pulse », « The Choke »). Un contraste entre la noirceur des paroles et le son clair des synthétiseurs (« Hate Crime ») qui fonctionne avec efficacité. L’album se conclut sur deux titres plus calmes mais toujours aussi sombres. « The Beast », au piano, résume la noirceur de Feel It Break et souligne la qualité de la voix de Katie Stelmanis. Les années d’apprentissage d’opéra ont eu du bon, au moins pour nos oreilles.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

A l’heure où les artistes sont de plus en plus nombreux à introduire un peu (ou beaucoup) d’électro dans leur musique, Ryan Sheridan donne l’impression de ne pas avoir compris la technique pour vendre des disques. Accompagne uniquement de sa guitare acoustique et de percussions au cajón, ce chanteur irlandais a enregistré son premier album, The Day You Live Forever, cette année. Pour ce qui est de vendre, cela ne pose finalement pas de problèmes : une semaine après sa sortie, l’album se classait à la deuxième place des charts irlandais, grâce notamment à un single qui cartonne (« Jigsaw »).

Pour le reste, Ryan Sheridan joue sur une voix assez impressionnante, des textes plutôt bons et un jeu à la guitare rythmé (« The Dreamer »). Sa musique est plutôt folk, avec parfois des airs de Mumford and Sons. Mais Ryan Sheridan sait aussi jouer dans un registre plus pop, avec un jeu à la guitare plus calme, allant même jusqu’à se donner des faux airs de Genesis (« Machine »). Ajoutons à cela des textes de bonne qualité qui, s’ils sont autobiographiques, permettent à de nombreux Irlandais de s’y reconnaître. Pas de synthé, mais pas d’inquiétudes.

« La bonne humeur ». Il faut reconnaître que ce trio britannique porte plutôt bien son nom. Mélodies assez calmes, voix féminine et claire, la musique du groupe respire la douceur et le positivisme (« Mountain », « Prisoner »). Tout est parti d’un vieux synthé des années 80, restauré par la chanteuse Sarah McIntosh. La suite, c’est l’enregistrement et l’autoproduction d’un premier EP, Warriors, en 2008. Un essai rapidement suivi d’un deuxième opus avec le label Rough Trade (British Sea Power, Arcade Fire, The Long Blondes ou Sufjan Stevens pour ne citer qu’eux), Your Body Is A Machine (2009), en attendant le troisième EP (Skeleton) prévu pour le mois de juin prochain.
Presque toute en synthés, la musique de The Good Natured rappelle parfois Bat For Lashes (« Your Body Is A Machine »), que ce soit en raison de la voix ou des effets sonores. Sarah McIntosh explique trouver son inspiration chez Kate Bush ou Siouxsie Sioux, et une touche de Morrissey. Le jeu des synthés et des percussions font aussi penser légèrement à Depeche Mode. Le tout avec une grosse dose de bonne humeur, pour un résultat qui ressemble parfois aux hymnes pop qui fleurissent sur les radios (« Skeleton »« Be My Animal », « Wolves »).

Alors que le printemps arrive, le soleil refait son apparition et les sourires font de même. Skybox n’a pas attendu si longtemps pour faire partager son sourire. Créé en 2005, le quintet pop américain a fait sienne la musique pop psychédélique (« The Lass, The Bitch & The Butcher »). Rythmée et joyeuse (« Various Kitchen Ustensils »), la musique du groupe allie les influences du rock psychédélique des années 1960 et la new wave des années 1980. Skybox a enregistré deux albums, Arco Iris (2006) et Morning After Cuts (2010).
Entre envolées lyriques et défoulements sur leurs instruments, les cinq Américains trouvent aussi parfois le temps de se poser un peu (« Cue Conversation », « It’s A Bumpy Ride On The Back Of A Camel »), pour mieux rebondir ensuite (« Buckets », « Fences »). Avec ce rythme et cet humour parfois déjantés (« Disco Duck »), on vient bien croire qu’ils aient mis le ciel en boîte, ou au moins qu’ils aient essayé. De quoi oublier l’hiver facilement.