Archives de la catégorie ‘nouveauté’

Dire d’America Give Up, le premier album des Américains de Howler, que c’est un mauvais album, est sévère. Mais dire qu’il est particulièrement bon ressemble à une erreur. Propulsés en avant par les radios et les magazines musicaux, Howler récite son rock entre blues, garage et surf rock. Les chansons, agrémentées d’une touche de lo-fi, glissent toutes seules entre les oreilles, s’enchaînent facilement. Mais à la première écoute, America Give Up ressemble à un album déjà entendu des dizaines de fois, avec une musique stéréotypée.
La confusion est facile, parce que Howler surfe sur le renouveau du blues. Derrière The Black Keys (dont les deux derniers albums, Brother (2010) et El Camino (2011), ont été presque unanimement encensés), ce sont The Black Lips ou encore The Black Angels qui font leur trou, dans un registre musical proche. Si chacun de ces groupes a un véritable talent, on serait tenté de croire que l’arrivée de Howler en haut de l’affiche n’est due qu’à sa chance de jouer la musique à la mode.
Howler fait toutefois un peu mieux qu’être au bon endroit au bon moment, avec quelques titres (« This One’s Different », « Pythagorean Fearem ») assez plaisants tout de même.

Trouvez un ami pour vous le prêter (3/5)

Une bonne année commence par une bombe musicale. Après Funeral Party l’an dernier, The Maccabees sont les premiers à sortir un album de haute volée en 2012. Il est évidemment impossible de dire si ce sera l’un des meilleurs de l’année, mais Given To The Wild, troisième opus du quintet britannique, est sans conteste le premier chef d’oeuvre de l’année (en même temps, c’est plus facile quand l’album sort le 9 janvier).
Après un début de carrière (Colour It In, 2007) dans la catégorie « groupe british à guitares » avec un répertoire de chansons courtes et dansantes (« Bicycles »« About Your Dress »), après un Wall Of Arms (2009) qui dessinait les contours d’un style nouveau (avec la présence de cuivres, par exemple), The Maccabees semblent avoir trouvé un créneau jusqu’alors inutilisé. Loin des petites chansons sympathiques des débuts (qui, quoique simplistes musicalement, étaient bien écrites), Given To The Wild est dans un registre plus calme, avec des mélodies plus travaillées (« Slowly One »).
Globalement, le troisième album des Maccabees correspond un peu à la suite de la chanson « Bag Of Bones » qui clôturait Wall Of Arms. Un son aérien, assez mélancolique, avec des cuivres parfois (« Child ») : le quintet semble plus sérieux qu’à ses débuts. Alors, certes, cela donne une musique moins spontanée qu’avant, plus travaillée en studio (« Go », « Unknown »). Mais c’est un son nouveau, ou presque. Lancé avec un single qui fait le lien entre les différentes facettes de la musique du groupe (« Pelican »), Given To The Wild est probablement le meilleur album des Britanniques.

A acheter immédiatement et à écouter en boucle (5/5)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Gallois de Los Campesinos! sont des rapides. Formé en 2006, le groupe a sorti deux albums en 2008 (Hold On Now, Youngster ; We Are Beautiful, We Are Doomed), un en 2010 (Romance Is Boring), et un cette année, Hello Sadness. Et avec eux, quantité rime avec qualité. Hello Sadness s’inscrit dans la continuité des opus précédents, ce son pop plutôt tranquille et un peu guilleret, avec une touche un peu plus négative cette fois.
Los Campesinos! se sont toujours basés sur le contraste entre une musique positive et des paroles qui le sont moins (« Romance Is Boring »). Mais cette fois, la musique elle aussi est un peu plus sombre, tandis que les textes gardent le même esprit. En témoignent « Every Defeat A Divorce (Three Lions) » ou « Light Leaves, Dark Sees Part II », et leur rythme pesant. Autre nouveauté, des sons un peu électro, comme sur « By your Hand » (un titre dont le clip montre à lui tout seul l’arrivée dans un univers plus sombre qu’auparavant).
Avec Hello Sadness, Los Campesinos! ralentissent le rythme de leur musique, mais composent toujours aussi vite. Et bien.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)

L’après-Oasis est tumultueux. Lorsque se forme Beady Eye, Noel Gallagher, auteur et compositeur de la quasi totalité des titres d’Oasis, reste sur le carreau. Son frère Liam et les autres membres du groupe de britpop se lancent dans une « nouvelle » carrière, avec un album qui sonne au final comme un album d’Oasis. Alors, après la déception Beady Eye, on attendait un peu plus de Noel Gallagher et son album High Flying Birds. Peine perdue.
Les membres de feu Oasis semblent condamnés à vivre dans les années 1990. Avec High Flying Birds, Noel Gallagher part sur les mêmes bases que son frère Liam et ses amis, quoiqu’avec un son plus calme. On retrouve dans l’album du Mancunien les sonorités britpop qui faisaient fureur il y a 10 ou 15 ans, et qui commencent à s’essouffler un peu aujourd’hui. Depuis « Everybody’s On The Run » jusqu’à « Stop The Clocks », c’est un nouvel album d’Oasis que l’on écoute, en mettant l’accent sur les ballades qui ont fait le succès du groupe (les mauvaises langues souligneront d’ailleurs que Stop The Clocks était le titre du best-of d’Oasis, paru en 2006, et surtout que cette chanson a été écrite pour être jouée par Oasis au complet).
Noel Gallagher innove toutefois un peu, sans trop se jeter à l’eau. « AKA… What A Life! » marque enfin le changement avec le reste de sa carrière, comme « AKA… Broken Arrow », ou « Soldier Boys And Jesus Freaks » dans une moindre mesure.
High Flying Birds est dans l’ensemble un bon album d’Oasis. Pour la carrière solo de Noel Gallagher, il faudra apparemment être un peu plus patient.

 Trouvez un ami pour vous le prêter (3/5)

Des petits groupes qui débutent, il y en a des tas. Mais tous n’ont pas le même professionnalisme dès le premier EP. White McKenzie, groupe irlandais créé l’année dernière, entre dans la catégorie « débuts fracassants sans aide extérieure ». Il y a d’abord eu cette scène tremplin à Dublin pour jouer au festival de Glastonbury en juin dernier, où le groupe a échoué à la deuxième place. Puis, sans label, les six musiciens ont terminé leur EP, Absence, qui a presque plus de consistance que certains albums entendus ici ou là.
La force du groupe réside dans sa capacité à faire passer une atmosphère dans chacune de ses chansons. De « Torment (Intro) », excellente rampe de lancement, à « Crawling The Walls », difficile de dégager un titre ou deux. On retiendra que White McKenzie sait varier entre rock nerveux aux effets grunge (« On Your Heels »« Forget ») et titres à l’atmosphère plus pesante (« The Clock Winds On »« 4 A.M. »). On passe de l’énergie pure à la mélancolie sans difficultés, en jonglant avec les influences (Pearl Jam ou Radiohead, entre autres). Le tout avec un final en apothéose : « Crawling The Walls », qui monte en puissance au fur et à mesure, commençant comme une triste ballade et finissant sur un solo aux relents noisy à vous procurer des acouphènes en cas d’écoute prolongée.
Avec Absence, White McKenzie prouve qu’ils ont les atouts pour aller haut. Et peut-être bien le talent pour se trouver sur la scène de Glastonbury l’année prochaine.

L’année dernière, il était difficile de passer à côté d’eux et de leur tube « Let’s Go Surfing », une chanson pop qui ne paye pas de mine et qui se retrouve écoutée en boucle. Depuis, après un changement de guitariste, The Drums donnent l’impression de (déjà) s’essouffler. Leur EP Summertime! (2009) était prometteur, avec un son frais et des mélodies enjouées. L’album qui a suivi, The Drums, était déjà moins intéressant, tout juste sauvé par l’efficace « Let’s Go Surfing », déjà présent dans Summertime! D’autres titres étaient en revanche assez fades (« It Will All End In Tears »« I’ll Never Drop My Sword »« The Future »).
Dans Portamento, les New-Yorkais ont eu la fâcheuse idée de composer des titres très proches les uns des autres. A la première écoute, il faut attendre « I Don’t Know How To Love » (6e piste sur 12) pour repérer un titre vraiment différent des autres. Avec un « Money » qui sonne comme un miroir (raté) de « Let’s Go Surfing », la promo de Portamento était bancale. A moins qu’elle ne résume tout simplement un album fade, qui ressemble à une compilation des mauvais titres des Drums.
Trop de précipitation (un an de préparation) ou un groupe déjà sur la mauvaise pente ? En tout cas, The Drums valent mieux que cela.

A écouter une fois… mais pas plus (2/5)

C’était un album particulièrement attendu. Il faut dire aussi que The Rapture aiment prendre leur temps : l’écart le plus court entre deux opus est de trois ans. The Rapture, c’est la qualité plus que la quantité, une méthode plutôt efficace pour avoir une carrière assez longue (13 ans) en évitant d’enchaîner les ratés. Cinq ans donc après Pieces Of The People We Love, le trio américain nous met In The Grace Of Your Love entre les oreilles.
Le mélange entre rock et dance garde son efficacité dès le début de l’album, qui commence avec le très aérien « Sail Away ». Le vol plané est prolongé par « Blue Bird » et ses riffs décoiffants en intro. La suite nous ramène un peu sur Terre, avec un « Come Back To Me » un peu décevant : une sorte de ballade trop fade pour être efficace. Comme un écho pour rassurer l’auditeur, In The Grace Of Love se conclut sur une autre ballade, « It Takes Time To Be A Man », bien plus réussie cette fois. Entretemps, le titre éponyme « In The Grace Of Your Love », le très pop « Roller Coaster » ainsi que l’efficace « Children » auront confirmé que le quatrième album des Rapture reste dans la moyenne. In The Grace Of Your Love, c’est finalement une bonne raison d’aimer la rentrée.

Une bonne affaire en cas de temps/d’argent en plus (4/5)