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1995, c’est le début de la bataille range entre les fans de Blur et ceux d’Oasis, qui parviendront presque à faire oublier que la britpop ne se limitait pas à ces deux groupes. En 1994, Oasis avait débarqué avec Definitely Maybe, et (What’s The Story) Morning Glory? suivait pour 1995. Blur, arrivé sur scène en premier, se voyait dépassé par les frères Gallagher, après un Parklife (1994) plutôt bon mais pas assez percutant.
En 1995, donc, sort The Great Escape, déjà le quatrième album de la bande de Damon Albarn. L’écouter seul est déjà plaisant, l’opus regorgeant de très bons titres (« The Universal », « Globe Alone », « Country House », « Stereotypes »…). Blur joue sur des mélodies pop simples et entrainantes et d’autres plus calmes, réussissant mieux à les mêler que sur les albums précédents.
Mais The Great Escape s’écoute mieux avec Oasis en face. Car les deux groupes ont une philosophie diamétralement opposée. Quand Damon Albarn chante avec cynisme sur des mélodies relativement calmes (« Fade Away »), Liam Gallagher use de sa voix éraillée pour partager une envie de rêver (« Rock ‘n’ Roll Star »).
Le principal duel de l’histoire de la britpop se résume alors en une opposition entre des Londoniens désabusés qui présentent bien (« Charmless Man ») et des Mancuniens violents qui dissertent sur la beauté du monde (« Wonderwall »). Reste à savoir si vous serez plus gosse de riche cynique ou hooligan rêveur.

L’après-Oasis est tumultueux. Lorsque se forme Beady Eye, Noel Gallagher, auteur et compositeur de la quasi totalité des titres d’Oasis, reste sur le carreau. Son frère Liam et les autres membres du groupe de britpop se lancent dans une « nouvelle » carrière, avec un album qui sonne au final comme un album d’Oasis. Alors, après la déception Beady Eye, on attendait un peu plus de Noel Gallagher et son album High Flying Birds. Peine perdue.
Les membres de feu Oasis semblent condamnés à vivre dans les années 1990. Avec High Flying Birds, Noel Gallagher part sur les mêmes bases que son frère Liam et ses amis, quoiqu’avec un son plus calme. On retrouve dans l’album du Mancunien les sonorités britpop qui faisaient fureur il y a 10 ou 15 ans, et qui commencent à s’essouffler un peu aujourd’hui. Depuis « Everybody’s On The Run » jusqu’à « Stop The Clocks », c’est un nouvel album d’Oasis que l’on écoute, en mettant l’accent sur les ballades qui ont fait le succès du groupe (les mauvaises langues souligneront d’ailleurs que Stop The Clocks était le titre du best-of d’Oasis, paru en 2006, et surtout que cette chanson a été écrite pour être jouée par Oasis au complet).
Noel Gallagher innove toutefois un peu, sans trop se jeter à l’eau. « AKA… What A Life! » marque enfin le changement avec le reste de sa carrière, comme « AKA… Broken Arrow », ou « Soldier Boys And Jesus Freaks » dans une moindre mesure.
High Flying Birds est dans l’ensemble un bon album d’Oasis. Pour la carrière solo de Noel Gallagher, il faudra apparemment être un peu plus patient.

 Trouvez un ami pour vous le prêter (3/5)

Liam Gallagher a bien préparé son retour sur le devant de la scène, en annonçant à l’automne la sortie d’un album avec un groupe nommé Beady Eye, qui n’est autre qu’Oasis sans Noel Gallagher. L’album en question, Different Gear, Still Speeding (paru lundi) revendique la filiation avec les Beatles et… Oasis, justement. De ce point de vue, il n’y a aucun problème, surtout pour la référence à Oasis.
Beady Eye joue des titres qu’aurait très bien pu jouer Oasis à ses débuts, entre « Morning Glory » et « Cigarettes And Alcohol ». Les exemples (« The Roller »« Standing On The Edge Of The Noise »« Wind Up Dream ») ne manquent pas. Beady Eye cherche aussi dans cet album à s’affirmer comme descendant des Beatles (« The Beat Goes On » ou le très bon « Three Ring Circus »), mais tombe également les travers qui étaient ceux d’Oasis : la bonne vieille soupe radiophonique. Avec des titres comme « Kill For A Dream » ou « For Anyone » on se souvient tout à coup pourquoi Oasis était le groupe adulé d’une part et abhorré d’autre part (rappelez-vous « Slide Away »).
Different Gear, Still Speeding fait au final l’effet d’un album coincé par une filiation qu’il s’évertue à prouver : si les références sont plaisantes, il y en a parfois trop, donnant une impression de déjà entendu. Quand cela concerne l’univers des Beatles, passe encore, mais il est dommage de réentendre Oasis, dans la mesure où ce n’est (normalement) pas le même groupe.
C’est finalement Liam Gallagher lui-même qui résume le mieux son album : « Achetez-le si ça vous plaît ou ne l’achetez pas si ça ne vous plaît pas ».

Trouvez un ami pour vous le prêter (3/5).