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Si l’on voulait résumer tout Sonic Youth en un album, on pourrait peut-être le faire avec Washing Machine, sorti en 1995. A l’époque, le groupe américain de rock alternatif a déjà bien roulé sa bosse mais a un succès commercial encore limité. Créé en 1981, Sonic Youth doit attendre les années 1990 pour voir ses albums entrer dans les charts, d’abord au Royaume-Uni, puis dans le reste du monde occidental. Après les succès de Dirty (1992) et Experimental Jet-Set, Trash And No Star (1994), Washing Machine, onzième opus du groupe, assoie la réputation de Sonic Youth dans la catégorie rock crasseux.
Washing Machine est un concentré de guitares saturées et de solos longs comme le bras : entre le titre éponyme « Washing Machine » et le solo final (plus de 12 minutes) de « The Diamond Sea », qui clôture l’album, on est bien loin de la traditionnelle recette couplet-refrain-couplet-refrain-refrain habituelle. La plupart des titres sont joués sans basse, Kim Gordon lui préférant la guitare. Sonic Youth redouble donc de riffs saturés qui, ajoutés à un rythme assez lent, deviennent presque entêtant.
Le onzième opus des Américains est plus qu’un album de Sonic Youth : Kim Deal, bassiste de feu The Pixies (avant leur reformation en 2004) et à l’origine de The Breeders, donne de la voix sur « Little Trouble Girl ». Le rock crasseux des années 1990 est symboliquement réuni, sur un titre qui paradoxalement ressemble plus à une chanson pop un peu mièvre.
On se replonge facilement dans les riffs psychédéliques de Washing Machine, un album qui n’a pas pris une ride et résume bien Sonic Youth et l’âge d’or du rock alternatif à lui tout seul.

Accords impeccables, voix posées, arrangements parfaits, guitares enflammées… autant de choses à oublier complètement s’il vous vient à l’idée d’écouter Times New Viking. Le trio américain est plutôt à classer dans le genre rock crasseux, option lo-fi (« No Time, No Hope »). Pas facile de percer quand on joue une musique pas vraiment radiophonique (loin de moi l’idée de critiquer les radios ici, cela paraît réellement inimaginable d’entendre un jour Times New Viking, quelle que soit la station). Le groupe persévère pourtant, avec déjà quatre albums au compteur, tous plus crades les uns que les autres, et dans lesquels il n’y a pas de basse mais un synthé.
Tour à tour entêtante (« Indian Winter », « Teen Drama »), entraînante (« We Got Rocket », « Drop-Out ») ou psychédélique (« Lovers’ Lane »), la musique de Times New Viking rappelle certains délires des Pixies et nous offre d’une manière plus générale un retour dans cette période entre la fin des années 1980 et les années 1990, où jouer un son crasseux pouvait aussi être la marque des plus grands (Pavement). Ces trois Américains nous rappellent que la musique peut aussi être le plaisir tout simple de gratter quelques cordes ou de taper sur des peaux avec des baguettes, sans systématiquement rechercher l’esthétique parfaite (ou l’esthétique tout court en l’occurrence).
Le cinquième album du groupe, Dancer Equired, est prévu pour la fin du mois d’avril prochain.